Dans un monde hyperconnecté, où le toucher et le contact physique entre humains est en net recul, certains professionnels de santé ont alerté sur le manque de câlins, qui seraient nécessaires à notre bien-être, et même à notre croissance. Une nouvelle pratique a émergé : la câlinothérapie. Cette pratique prend sa source dans ce nouveau manque de câlins de notre époque, et installerait un nouveau genre d’échanges d’étreintes, par les bars à câlins, ateliers spéciaux câlins et autres, entre inconnus mais en toute confiance et sécurité. Pourquoi ce nouveau besoin de tendresse en thérapie ?

 

La calinothérapie, qu’est-ce que c’est ?

La calinothérapie se définit comme le fait d’améliorer son état de santé, de stress, son niveau de vie en pratiquant souvent (au moins une fois par jour) des câlins. Prendre dans ses bras une personne plusieurs secondes, que l’on connaît ou non, aurait des effets très positifs sur notre santé. Ainsi, de nombreux ateliers, bars à câlins ont vu le jour, permettant même à des inconnus de pratiquer la câlinothérapie.

Quels sont les bienfaits de la calinothérapie pour notre corps ?

D’abord, pour une raison simple : par les câlins, nous libérons une hormone, l’ocytocine, aussi appelée hormone du bien-être et de l’attachement. Cette hormone est particulièrement produite lors de l’accouchement ou encore de l’allaitement, et est responsable de l’attachement de la maman au bébé. Elle est bien sûr aussi produite lorsque nous faisons un câlin ou une étreinte à nos proches, que nous les prenons dans les bras pendant au moins vingt secondes. Cela procure un sentiment de bien-être, d’apaisement immédiat, de calme et de plénitude. Notre peau et ses petits récepteurs envoient aussi immédiatement un message de bien-être au cerveau, et de sécurité affective. 

Ce n’est pas seulement hormonal et physiologique puisque les câlins nous font du bien car cela renvoie à notre petite enfance, où nous étions plus souvent cajolés par nos parents. Cela renvoie à de la bienveillance, de l’amour ressenti par l’autre personne.
Ces câlins, qui n’ont donc rien de sexuel, favorisent une diminution du stress et des liens sociaux améliorés. On se sent moins seul, puisque dans les bras d’un(e) autre. Les câlins agissent enfin comme un antidépresseur naturel et améliorent l’immunité, en renforçant nos productions de dopamine et abaissant l’hormone du stress, le cortisol.  Nous sommes reconnectés à notre cerveau émotionnel, le plus primaire, et le plus essentiel.

 

La calinothérapie en pratique

On peut aujourd’hui pratiquer la câlinothérapie dans des ateliers spécifiquement créés, permettant à des inconnus d’échanger des moments de tendresse, hors de toute sexualité ou sensualité. Ces ateliers permettent à des hommes et des femmes souffrant de pathologies comme la dépression, le burn out ou d’autres troubles, d’améliorer leur état de santé par des étreintes échangées dans le respect et l’écoute.
Dans une première partie de l’atelier, l’animatrice partage avec les participants des clés pour mieux vivre les relations au quotidien, mieux s’écouter. Elle fait échanger quelques mots sur leur intention entre participants avant de démarrer. Puis, s’ils le souhaitent, les participants peuvent bénéficier de trois temps de câlins de 20 minutes chacun, avec la personne de leur choix.

 

Pourquoi aujourd’hui manque-t-on de câlins ?

Dans la société d’aujourd’hui, il est devenu difficile d’admettre un besoin de tendresse : rien ne favorise le contact ni la douceur entre les gens, alors que les liens virtuels et connectés connaissent un essor toujours plus grandissant. Pire, nos jeunes confondent aujourd’hui tendresse et sexualité, qui sont totalement différents.

Un câlin, c’est « prendre complètement l’autre dans ses bras. C’est mettre l’autre dans sa chaleur, contre son cœur », explique Céline Rivière, psychologue clinicienne auteur de « Câlinothérapie ».
Or, aujourd’hui, la méfiance est plus de mise que la tendresse, dans une rencontre : on a peur de l’autre, d’être rejeté et de sa réaction. On préfère donc souvent câliner un animal, ce qui nous protège de la blessure narcissique lorsqu’ils s’en vont.

 

Pourquoi les câlins sont-ils indispensables à notre survie ?

Dès les premières secondes de la vie, où la mère accouche de son bébé, sa survie dépend des étreintes de celle qui lui donne vie. Des recherches sur des bébés prématurés ont montré qu’ils prennent plus de poids lorsqu’ils sont touchés. C’est pour cette raison que les bébés, lorsqu’ils sortent du ventre de la mère, sont immédiatement pris en peau à peau par cette dernière ou par le père, si la mère n’est pas en capacité de le faire. Le contact par la peau est établi, pour la survie du bébé.
Ainsi, aujourd’hui, que ce soit pour un adulte ou un enfant, les câlins restent nécessaires, tous les jours et doivent durer au moins vingt secondes pour faire effet. Comme chez les adultes, les étreintes durent en général moins longtemps, il faut les multiplier au cours de la journée. On parle de « 4 câlins par jour pour survivre, 8 pour fonctionner, et 12 pour croître », selon la psychologue américaine Virginia Satir.

Quels en sont les bénéfices pour notre vie familiale et amoureuse ?

Selon Kathleen Keating dans son ouvrage « Le petit livre des gros câlins », « les câlins parlent une langue universelle (…) et valent mieux qu’un long discours ». Les câlins permettraient une meilleure communication entre humains, et ainsi de meilleures relations, favorisant les échanges, la créativité. Côté famille, les liens sont renforcés, côté amours, ils durent plus longtemps.